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Réflexes archaïques et TDAH :

  • Photo du rédacteur: David Cheynel
    David Cheynel
  • 18 mai
  • 4 min de lecture

que dit réellement la science ?


Les réflexes archaïques jouent un rôle fondamental dans le développement neurologique du nourrisson. Présents dès la naissance, ils permettent au bébé de survivre, de se développer et de construire progressivement ses compétences motrices, posturales et sensorielles.

Normalement, ces réflexes s’intègrent naturellement au cours des premières années de vie afin de laisser place à des mouvements volontaires plus matures. Pourtant, chez certains enfants, certains réflexes persistent partiellement et peuvent interférer avec l’attention, la posture, la coordination ou encore les apprentissages scolaires.

Depuis plusieurs années, des chercheurs en neurosciences et en neurodéveloppement s’intéressent aux liens possibles entre la persistance des réflexes archaïques et certains troubles comme le TDAH, la dyslexie, les troubles de la coordination ou les troubles du spectre de l’autisme (TSA).

Alors, que disent réellement les études scientifiques ? Et pourquoi l’intégration des réflexes peut-elle constituer une approche complémentaire intéressante dans certains accompagnements ?


Qu’est-ce qu’un réflexe archaïque ?


Les réflexes archaïques — aussi appelés réflexes primitifs — sont des mouvements automatiques contrôlés principalement par le tronc cérébral. Ils apparaissent dès la vie intra-utérine et jouent un rôle essentiel dans le développement neurologique du bébé.

Parmi les réflexes les plus connus, on retrouve notamment :

  • le réflexe de Moro,

  • le Réflexe Tonique Asymétrique du Cou (RTAC),

  • le Réflexe Tonique Symétrique du Cou (RTSC),

  • le Réflexe Tonique Labyrinthique (RTL),

  • le réflexe spinal de Galant,

  • le réflexe de préhension palmaire.

Ces réflexes participent notamment :

  • au développement du tonus musculaire,

  • à l’équilibre,

  • à la coordination,

  • à l’organisation sensorielle,

  • et à la maturation du système nerveux.

Au fil du développement, ils sont progressivement inhibés et intégrés par des structures neurologiques plus matures. Lorsque cette intégration reste incomplète, certaines fonctions peuvent demeurer perturbées.

Concrètement, cela peut se traduire par :

  • une agitation motrice importante,

  • des difficultés attentionnelles,

  • une hypersensibilité sensorielle,

  • une posture instable,

  • des difficultés de coordination,

  • une fatigue importante à l’école,

  • ou encore des difficultés d’écriture et de langage.


Réflexes archaïques et TDAH : plusieurs études montrent une corrélation


Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental complexe impliquant différents facteurs génétiques, neurologiques et environnementaux.

Depuis plusieurs années, plusieurs études ont observé une fréquence plus importante de réflexes archaïques persistants chez les enfants présentant un TDAH.


Les études de Konicarova et Bob (2013–2021)

L’une des études les plus souvent citées sur ce sujet est celle de Konicarova et Bob, publiée dans Anthropological Reviewsous le titre Retained Primitive Reflexes and ADHD in Children.

Les chercheurs ont comparé un groupe d’enfants présentant un TDAH à un groupe d’enfants neurotypiques. Ils ont observé une présence significativement plus importante de deux réflexes :

  • le Réflexe Tonique Symétrique du Cou (RTSC),

  • le Réflexe Tonique Labyrinthique (RTL).

L’étude montre également une corrélation entre l’intensité des réflexes non intégrés et les scores d’inattention mesurés chez les enfants.

Autrement dit, plus les réflexes étaient actifs, plus les difficultés attentionnelles semblaient importantes.

Dans le quotidien de l’enfant, cela peut se manifester par :

  • une difficulté à rester assis,

  • une posture instable,

  • une fatigue attentionnelle rapide,

  • des besoins permanents de bouger,

  • ou une agitation difficilement contrôlable.

L'accès à ses études est disponible ici :



L'agitation motrice en classe

L’étude de Taylor, Houghton et Chapman (2004), dont je vous propose une traduction résumée en français, s’est intéressée à des faisceaux de reflexes. Parmi les reflexes impliqués, on note souvent la présence des reflexes spinaux, comme le Galant.


Ce réflexe provoque une réaction automatique du bassin lorsqu’une stimulation est exercée dans le bas du dos.

Chez certains enfants, le simple contact avec le dossier d’une chaise peut alors déclencher des micro-mouvements involontaires répétés.

Les chercheurs ont observé que les garçons présentant des symptômes d’hyperactivité avaient davantage de persistance du réflexe de Galant que les enfants du groupe témoin.

Cette hypothèse neurodéveloppementale permet de mieux comprendre certaines situations bien connues des enseignants et des parents :

  • l’enfant qui gigote en permanence,

  • qui tombe de sa chaise,

  • qui semble incapable de rester immobile,

  • malgré de réels efforts de concentration.


Etudes complètes disponibles ici :





Réflexes archaïques et maturation des réseaux neuronaux

Plus récemment, l’étude de Melillo et collaborateurs (2020), publiée dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health, s’est intéressée aux liens entre réflexes persistants et maturation cérébrale.

Les chercheurs évoquent notamment une possible « déconnexion fonctionnelle » entre certains réseaux neuronaux impliqués dans :

  • l’attention,

  • l’autorégulation,

  • la coordination motrice,

  • et les fonctions exécutives.

L’étude a également observé une amélioration des capacités attentionnelles après un programme d’exercices moteurs ciblés.

Ces résultats restent encore exploratoires, mais ils suggèrent qu’un travail corporel spécifique pourrait favoriser une meilleure organisation neurologique chez certains enfants.


Etude disponible ici :




Une approche complémentaire, jamais substitutive

Il est important de rappeler que l’intégration des réflexes archaïques ne remplace :

  • ni un diagnostic médical,

  • ni un suivi orthophonique,

  • ni les approches conventionnelles du neurodéveloppement.

Les recherches actuelles restent encore en évolution et certains résultats nécessitent davantage d’études scientifiques à grande échelle.

Cependant, de nombreux professionnels observent qu’un travail sensorimoteur ciblé peut constituer un accompagnement complémentaire pertinent chez certains enfants présentant :

  • des difficultés attentionnelles,

  • des troubles posturaux,

  • des difficultés de coordination,

  • des hypersensibilités sensorielles,

  • ou des troubles des apprentissages.


Conclusion

Le développement de l’enfant repose sur un équilibre complexe entre maturation neurologique, expériences sensorielles, motricité et apprentissages.

Les réflexes archaïques constituent l’une des bases de cette organisation neurodéveloppementale. Lorsqu’ils persistent au-delà de leur période normale d’intégration, ils peuvent parfois interférer avec l’attention, le langage, la posture ou les apprentissages scolaires.

Aujourd’hui, les neurosciences s’intéressent de plus en plus à ces interactions entre corps, mouvement et fonctionnement cognitif.

Même si la recherche doit encore progresser, les études existantes ouvrent des perspectives intéressantes pour mieux comprendre certains profils d’enfants et proposer des accompagnements toujours plus complémentaires et individualisés.


Vous souhaitez faire le point sur les réflexes archaïques de votre enfant ?


Un check-up R.A permet d’observer :

  • la posture,

  • les réflexes persistants,

  • les difficultés motrices,

  • l’organisation sensorielle,

  • et certains impacts possibles sur les apprentissages.


L’objectif n’est pas de poser une étiquette, mais de mieux comprendre le fonctionnement global de l’enfant afin de l’accompagner de manière adaptée et respectueuse de son développement.


 
 
 

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